Il existe dans les photographies de William Mazdra une poésie évanescente et un parfum de femme. Il ne soulève pas le cœur: il le renverse. Tout est calme même si le vent par ses naseaux fait des siennes dans les jupes des filles. L’air semble suave et tiède. Un paquet de beauté envahit chaque prise: celle des paysages mais surtout des portraits. Chaque femme est un défi altier. Des dos se cambrent, des regards se font incisifs. William Mazdra leur donne l’atout dans un air de fête solitaire et bucolique. Les femmes sont parfois prêtes à s’envoler tels des anges que les oiseaux emporteraient.

Le photographe ne cherche pas à donner des explications, à déplier des raisons: il crée un monde féerique mais non dénué de réalité. Mais il n’existe pas d’ogres pour croiser le chemin des femmes: elles ne risquent plus d’être emmenées dans le bois. Restent leurs robes légères et leur beau visage. Elles y cachent leur secret sous une dentelle pour le bord de leur jupe. D’autres que William Mazdra auraient perdu le fil ou pris la poudre d’escampette  lui, à l’inverse, se contente de photographier l’Eden. Et qu’importe ce qui viendra après.

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

Aucun carcan ne contraint les modèles. Le corps surgit d’un champ d’herbes folles. Reste toujours une noblesse de celles qui proches ou lointaines deviennent les silhouettes des aurores. Le monde n’est qu’un bruit épelé aux cadences des prises. Leurs fées se font légères mais restent une énigme qui sidère dans un vacillement de lumière. Si peu de choses. Tout: à savoir un agencement, un rituel. Celle du ruissellement de la beauté dont le photographe saisit la grâce au sein du paysage.

La soie se soulève sur les fantômes de la vallée des songes. Reste un plaisir ineffable, extatique. La femme est son porte-empreinte, sa poussière. Elle dessine l’abîme du voyeur et son plaisir aussi. La femme est mobile, immobile. Immobile, mobile là où William Mazdra dépasse explication et description pour laisser surgir ce qui se voit et aveugle là où la perception de la présence corporelle procède par esquisses et fragments.

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

William Mazdra

© William Mazdra

Pin It on Pinterest

Shares
Share This