Jeune peintre figuratif parisien, Pascal Vilcollet s’est toujours exprimé par l’image. Comme une espèce de suite logique, sa formation académique vient dire ce qui est: ce seront les gammes de couleurs, les lignes et la texture qui seront sa langue. Ses peintures, saisissantes, traduisent une maîtrise du contraste: techniques mixtes – acrylique, gouaches et crayons de couleurs -, mélanges de clairs-obscurs, couleurs intenses. L’image, bien que travaillée, est avant tout l’expression d’un sentiment spontané.

Loin de vouloir être rattaché aux peintres hyperréalistes ou purement figuratifs, Pascal Vilcollet cherche avant tout à évoluer dans la frontière difficilement palpable du mélange des genres, entre réalité et abstraction. Sa peinture fait l’apologie de la liberté et de la sincérité brute et instinctive. En outre, tant sa technique que son traitement des sujets l’inscrivent dans une histoire de l’art lisible à même la toile: Caravage, Pablo Picasso, Francis Bacon, Mark Rothko, Lucian Freud et Takashi Murakami s’imposent comme références sous-jacentes. Le sujet peint est comme fragmenté, dénaturé par la couleur et la vivacité de la performance, lui apportant une identité autre et une certaine expression, une lueur de vie dans le regard ou le dynamisme du corps en action.

Pascal Vilcollet, Filles du Calvaire

© Pascal Vilcollet, Série Filles du Calvaire, mixed media on canvas, 200×160 cm

Pascal Vilcollet, Filles du Calvaire

© Pascal Vilcollet, Série Filles du Calvaire, mixed media on canvas, 165×120 cm

Pascal Vilcollet, Filles du Calvaire

© Pascal Vilcollet, Série Filles du Calvaire, mixed media on canvas, 200×160 cm

Le visage est la principale obsession de Pascal Vilcollet pour son immédiateté de représentation, sa force d’expression ou sa haute valeur connotative. Se libérant des pièges de l’imitation, du semblant et du simulacre, l’artiste donne à voir dans ses œuvres l’illusion de la ressemblance, le mirage du réel et la confusion des apparences par une technique bien spécifique, répondant parfaitement aux dires de Paul-Jean Toulet: « Il importe en peinture, que le portrait ressemble au modèle, mais non pas le modèle au portrait ». Sa dernière série, « Teddy Box », vient amorcer un virage dans la carrière du peintre. Plus subtiles, les couleurs et les lignes viennent offrir un support pur et presque naïf à des sujets qui explorent ce que l’enfance a de dérangeant: sa participation, en tant que figurante, à un monde adulte qui lui impose des scènes de l’ordre de l’horreur.

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 170×129 cm

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 250×200 cm

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 100×80 cm

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 400×250 cm

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 250×200 cm

Ce qui frappe de prime abord dans les dernières toiles sortie de l’atelier de Pascal Vilcollet, ce sont ces enfants aux visages neutres et pourtant expressifs, presque graves – comme perdus dans des scènes cruelles. Sages, intenses, il semblerait à y regarder de plus près que ces enfants déguisés (le costume animal vient rappeler le conte de fée qui est, depuis Bruno Bettelheim, reconnu comme le lieu archétype d’un rapport entre le mal inhérent au monde de l’Homme et l’innocence enfantine) soient comme les gardiens d’une morale ou les derniers remparts du Beau et Juste souillés par l’attitude irréfléchie et pour le moins dégradantes d’adultes. Sur le plan de la technique, le contraste entre les coups directs abrupts et mats de pinceaux massifs et la délicatesse de traits et textures veloutés de détails (bouches, yeux, oreilles…) d’un réalisme qui confère un magnétisme au personnage qui vient ainsi happer le spectateur. Scènes fragmentées, les dernières toiles sont en grands formats, comme si l’espace à investir devait s’étendre, au moins à ce point de sa carrière, pour permettre au peintre de déployer son sens du contraste non plus seulement dans une technique, aujourd’hui admirablement maîtrisée, mais dans le traitement de sujets comme vibrants de magie et de douleur à la fois.

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 50×50 cm

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 50×50 cm

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 160×114 cm

Pascal Vilcollet, Teddy Box

© Pascal Vilcollet, Série Teddy Box, mixed media on canvas, 160×114 cm


Les oeuvres de Pascal Vilcollet sont disponibles sur Galerie Guido Romero Pierini.