Jouer les touristes à Vienne, ce n’est pas se contenter de marcher sur les pas de Sissi. Si, si. Avec seulement 1 million 600 000 habitants, la capitale autrichienne héberge pourtant un très grand nombre de musées et autres espaces d’expositions dédiés à l’art sous toutes ses formes et sous tous ses courants.

Parfois, on pourrait en vouloir à la ville de tout miser sur ses stars, Gustav Klimt et Egon Schiele, sur-exposés et montrés à toutes les sauces. On pourrait aussi lui reprocher ses hommages à répétition à l’Actionnisme Viennois, courant artistique trash des années 70, dont les membres (Otto Muehl, Hermann Nitsch, Rudolf Schwarzkogler…) étaient friands de performances en public à base de tripes et de cervelles d’animaux.

Heureusement, la belle Vienne se renouvelle en proposant régulièrement des expositions de qualité, présentées dans des lieux qui valent également le détour pour leur architecture. Parmi ceux-ci, le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Vienne, le massif MUMOK. Situé dans le MuseumsQuartier, anciennes écuries impériales réaménagées en zone « in », ce musée habillé de basalte a décidé d’offrir en 2012 la totalité de ses espaces au pop art et aux autres courants artistiques des années 60 et 70. Y sont ainsi visibles deux grandes expositions: la première « Pop and the Sixties », la deuxième « Claes Oldenburg – The Sixties ».

« Pop and the Sixties » est une exposition « prétexte » servant à montrer une partie de l’impressionnante collection de peintures et de sculptures du MUMOK. Une dizaine de salles vous permettra ainsi de découvrir des œuvres emblématiques des grands représentants du pop art américain et anglais, du Nouveau Réalisme français ou encore du mouvement Fluxus. Grands formats d’Andy Warhol, Robert Indiana et Roy Lichtenstein y côtoient des œuvres d’artistes plus pop que populaires mais qui méritent bien plus qu’un petit coup d’œil. Peintures en 3D de Tom Wesselmann, affiches lacérées de Mimmo Rotella, totems de tôle froissée de John Chamberlain, le pop a du punch. Replacé dans son contexte social et historique, il est même percutant et précurseur avec ses nouvelles pratiques, nouveaux mélanges et nouvelles approches. Et aux côtés de pièces des masters du pop, quelques jolies surprises comme cette araignée géante en peluche de Pino Pascali ou les immenses toiles des peintres du courant hyperréaliste comme Domenico Gnoli.

Andy Warhol, Skull, 1976, MUMOK

Andy Warhol, Skull, 1976 © MUMOK

Robert Indiana, Love Rising, 1968, MUMOK

Robert Indiana, Love Rising, 1968 © MUMOK

Roy Lichtenstein, The Red Horseman, 1974, MUMOK

Roy Lichtenstein, The Red Horseman, 1974 © MUMOK

Mimmo Rotella, Lo schermo, 1965, MUMOK

Mimmo Rotella, Lo schermo, 1965 © MUMOK

Pino Pascali, La vedova blu, 1968 et Konrad Klapheck, Triumph der Zerstörung, 1970, MUMOK

Pino Pascali, La vedova blu, 1968 et Konrad Klapheck, Triumph der Zerstörung, 1970 © MUMOK

Domenico Gnoli, Tie, 1968, MUMOK

Domenico Gnoli, Tie, 1968 © MUMOK

Jasper Johns, Target, 1967-1969, MUMOK

Jasper Johns, Target, 1967-1969 @ MUMOK

« Claes Oldenburg – The Sixties » est, quant à elle, une véritable exposition événement réunissant pour la première fois, sous un même toit, une quantité impressionnante de sculptures de cet artiste. Habituellement installées dans les rues, places et parcs du monde entier, ses monumentales reproductions d’objets (réalisées en collaboration avec sa femme, l’artiste Coosje van Bruggen) ne sont pas son seul fait d’armes. Cette rétrospective vous permettra, en effet, de voyager dans l’œuvre de cet artiste très pop dont on connaît moins les premières sculptures, prémices de toutes ses productions. Au fil du parcours, vous croiserez ainsi ses objets agrandis et grossièrement sculptés (junk-food, vêtements…) ou reproduits en plastique à grande échelle et présentés dégonflés (ventilateur, prise de courant…). Vous entrerez également dans le cerveau de l’artiste avec les dessins, plans et maquettes ayant servi à la réalisation de certains de ses projets « XXL » les plus fous. Pop par le plastique, primaire par son utilisation de la couleur mais aussi primitif par le caractère brut de certaines de ses sculptures, Claes Oldenburg, présenté de la sorte, sous toutes ses facettes, est facétieux et fantastique.

Claes Oldenburg, Two Girls Dresses, 1961, MUMOK

Claes Oldenburg, Two Girls Dresses, 1961 © MUMOK

Claes Oldenburg, Saw (Hard Version II), 1971, MUMOK

Claes Oldenburg, Saw (Hard Version II), 1971 © MUMOK

Claes Oldenburg, Soft Dormeyer Mixer, 1965, MUMOK

Claes Oldenburg, Soft Dormeyer Mixer, 1965 © MUMOK

Claes Oldenburg, Soft Toilet, 1966, MUMOK

Claes Oldenburg, Soft Toilet, 1966 © MUMOK

Pop-op-op, on ne se fait pas prier et on y va. « Pop and the Sixties » jusqu’au 2 septembre 2012 et « Claes Oldenburg – The Sixties » jusqu’au 28 mai 2012 au MUMOK – MuseumQuartier. Et, également, en ce moment, à Vienne: « Vanity – Fashion / Photography from the F.C.Gundlach Collection » et « Urs Fischer – Skinny Sunrise » à la Kunsthalle de Vienne.

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