Un entretien Boum! Bang!

À travers des allégories hallucinatoires, crues et diaphanes, John John Jesse nous raconte sa vie, ses nuits. Aujourd’hui plus ermite que punk il vit dans son cabinet de curiosité dans la campagne Pennsylvanienne, entre New York et Philadelphie. Sa nouvelle drogue est la peinture. Son passé semble une source d’inspiration intarissable. Boum! Bang! vous présente sa première interview française.

John John Jesse, portrait

John John Jesse, portrait © photo: Rayna Polsky

B!B!: Quelles sont tes origines?

John John Jesse: Je suis né au Roosvelt Hospital de New York… il y a de nombreuses années!

B!B!: D’où vient ton nom, digne d’un western?

John John Jesse: C’est mon vrai nom. Ma mère m’a appelé comme ça, comme le fils de Kennedy et comme beaucoup de nouveaux nés à l’époque, vue sa popularité. Il est aussi devenu tristement célèbre il y a quelques années avec son décès en avion.

B!B!: Quelle influence New York a t-elle eu sur ton travail?

John John Jesse: Mon travail est purement autobiographique, il relate ma jeunesse, mes tragédies, mes victoires aussi… Ce sont toutes mes histoires racontées visuellement et à travers mon pinceau.

B!B!: C’est comment d’être un vrai petit new-yorkais?

John John Jesse: Je suis fier d’être un vrai N-new-yorkais. New York est un concentré de personnes venues du monde entier, de tous les États du pays, on en oublie que certaines personnes y sont réellement nées. Grandir à New York c’est être d’entrée de jeu un citoyen du monde.

B!B!: Pourquoi avoir quitté New York alors?

John John Jesse: Ca n’a pas été une décision facile. À l’époque je traversais les rues du Lower East Side et je connaissais tout le monde. Je ne connais plus personne, ces lieux sont désormais comme des immenses aires de jeux pour Hipsters, pour les riches; ça me rend malade! J’ai voulu fuir tout ça pour un renouveau à New Hope, en Pennsylvanie.

John John Jesse, Allnighter

© John John Jesse, Allnighter

John John Jesse, DellamorteDellamore

© John John Jesse, Dellamorte Dellamore

John John Jesse, Ex Patriot

© John John Jesse, Ex Patriot

John John Jesse, I Pledge My Heart

© John John Jesse, I Pledge My Heart

B!B!: Quelle est l’influence de la culture punk sur ton travail?

John John Jesse: C’est une influence thématique majeure. J’ai toujours été punk, depuis très jeune et ça n’a jamais changé. C’est le seul monde dans lequel je me sens en sécurité, auquel je me sens vraiment appartenir.

B!B!: Quel rapport entretiens-tu avec le monde du tatouage?

John John Jesse: Rien de particulier ne me relie à ce monde. J’ai des tatouages, ils sont une part de moi, ils renferment une narrativité symbolique et personnelle.

B!B!: Pourquoi une telle attraction pour les milieux underground?

John John Jesse: Parce que le mainstream est ennuyeux, évident, tellement facile! Je me suis toujours échappé de tout ça pour vibrer sur d’autres fréquences.

B!B!: En mettant en avant ce milieu underground, n’as-tu pas peur qu’il perde en authenticité ou penses- tu que cela puisse aider les gens à ouvrir les yeux sur d’autres horizons que ceux servis par les medias de masse?

John John Jesse: Que les gens pensent ce qu’ils veulent. Je m’en moque. Je ne suis concerné que par ma propre vie, ça m’occupe suffisamment pour ne pas prêter attention aux esprits étriqués et à leur envie de s’épanouir ou non.

B!B!: Puisque c’est une iconographie qui revient fréquemment dans tes oeuvres, quel est ton rapport aux drogues?

John John Jesse: J’ai passé de nombreuses années accro à l’alcool et à diverses addictions narcotiques. Je suis complétement sobre depuis 14 ans. Mais ça a été une partie de ma vie, c’est normal de retrouver les stigmates dans mes toiles.

John John Jesse, IDOLworship

© John John Jesse, Idol worship

John John Jesse, Love Is Suicide

© John John Jesse, Love Is Suicide

John John Jesse, My City is Burning and I Dont Care

© John John Jesse, My City is Burning and I Dont Care

B!B!: Les drogues t’aidaient-elles à créer? 

John John Jesse: Non! J’ai commencé à peindre en 2000, la même année que mon sevrage de whisky/heroïne/coke.

B!B!: Quelle est ta technique picturale? 

John John Jesse: C’est une technique mixte et personnelle, je n’ai jamais fait d’école d’art et j’ai quitté le lycée à 15 ans.

B!B!: Décris-nous une journée type? 

John John Jesse: Café, musique, film, peinture… Seul!

B!B!: Quels sont tes projets à venir?

John John Jesse: J’ai eu une expo récemment à New York, à la Opera Gallery. Désormais je produis une autre série de peintures.

B!B!: Ton plus grand souhait pour le futur, pour toi, pour le monde? 

John John Jesse: L’amour dans tous les cas! Pas trop cliché?

B!B!: Peux-tu nous parler de l’iconographie et de la symbolique chrétienne dans ta peinture? Pourquoi y faire référence, quels liens entretiens-tu avec la religion? 

John John Jesse: Pendant ma plus tendre enfance j’ai été élevé dans la stricte religion, comme tant d’autres, sans avoir le choix. J’ai été gavé de morale et principes judéo-chrétiens. J’ai fait mes 9 premières années dans une école catholique et j’en ai haï chaque seconde. Que les gens aillent à l’église, prient je ne sais quel Dieu ne me pose pas de problème, mais ce n’est pas pour moi!

John John Jesse, sheena

© John John Jesse, Sheena

John John Jesse, Snake Bite

© John John Jesse, Snake Bite

John John Jesse, Space Oddity

© John John Jesse, Space Oddity

John John Jesse, Tenement

© John John Jesse, Tenement

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