C’est presque par hasard que Dalia Nosratabadi a plongé la tête la première dans la photographie. Après des études d’art, elle entame une carrière de peintre. Une exposition l’entraîne à New York où, de block en block, elle tente de photographier une Grosse Pomme des milliards de fois déjà croquée par des anonymes ou des artistes. Quelques photos prises au-dessus de flaques créent un déclic et clac, la voici partie pour un tour des mégalopoles à la recherche d’un nouveau regard sur le monde.

Bangkok, Dubaï, Mexico, cette artiste belge née en 1974 à Téhéran voyage, voyage, voyage et capture, entre deux ondées, les reflets des buildings et des citadins dans ces miroirs, troubles et poisseux, que sont les flaques d’eau. De ces laissés-pour-compte qui n’intéressent que les pigeons et les pneus farceurs, cette jeune femme s’est fait de fidèles compagnons de travels et de travail.

Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Bend over Times Square, New York 07 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Yongse de Yusan, Beijing 08 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, The End, NY 04 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, As Sombras, Natal 04 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Tour Eiffel dans les foins, Paris 07 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Dalou de Lumkuo, Shanghai 08 © Dalia Nosratabadi

Déluge de surprises et d’émotions, sans retouche numérique aucune, les photographies de Dalia Nosratabadi métamorphosent notre environnement au point de faire perdre le nord en moins de deux à ses spectateurs. En effet, dans ces surprenants jeux de miroir, les échelles deviennent folles et les repères disparaissent. Les nuages cotonneux et le grain du bitume ne font plus qu’un, l’herbe pousse et les nénuphars flottent dans les airs. Prisonniers des flaques, des passants ont l’air de baigner dans un rêve éveillé, entourés d’étranges motifs surréalistes. D’autres passants semblent marcher sur la tête, à l’envers de la ville. Les bâtiments, quant à eux, se retrouvent comme grignotés par le sol et ses motifs ou couverts par des confettis de matière. Parfois, le pavé gras se pare des couleurs des néons devenant un arc-en-ciel de pierre sur lequel dévalent des ombres des passants. Les lumières perdent de leur limpidité, s’irisent et se cristallisent allant parfois jusqu’à l’abstraction totale.

Sens dessus dessous, les villes frémissent sous l’effet des ondulations de ces miroirs éphémères encore traversés par des gouttes ou secoués par les assauts de la circulation. La ville en devient plus fragile, tout y est encore plus incertain. Les buildings semblent presque prêts à s’effondrer alors que d’autres gardent toute leur majesté même la tête en bas. La ville nous montre un autre de ses visages, l’un de ceux qu’on a peut-être jamais croisé, et ce, grâce à cette jeune femme au style rafraîchissant qu’on imagine patiemment attendre le moment idéal pour créer un nouveau portrait urbain qui viendra par la suite agrandir sa tentaculaire collection.

Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Man crossing Flat Iron, NY 06 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Pantin et panthéon, Paris 07 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Akairo, Tokyo 07 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, photographie extraite de la série « Japan » © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, photographie extraite de la série « Hong Kong» © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Walking on leaves, NY 08 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, As Sombras 2, Natal 04 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Untitled, Bangkok 08 © Dalia Nosratabadi
Dalia NosratabadiDalia Nosratabadi, Tour Eiffel dans la boue, Paris 06 © Dalia Nosratabadi

Toujours à la recherche de nouveaux carambolages visuels et intellectuels, Dalia Nosratabadi aime également brouiller les pistes en accrochant certaines de ses œuvres à l’envers. Ses travaux ont récemment été exposés au Musée Juif de Belgique à Bruxelles dans le cadre du festival « Summer of Photography 2012 ». Un ouvrage regroupant un grand nombre de ses photographies, baptisé « Upside Down », est disponible aux éditions Tectum Publishers. Le site web de l’artiste vous offrira également un aperçu très complet de tous ses voyages à travers le monde.

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