Groupe incontournable de la scène rock alternative californienne, les Orinoka Crash Suite, OCS, Orange County Sound, pour enfin statuer sur Thee Oh Sees rassemblent les fans de punk, de garage, de psychédélique depuis une dizaine d’années. Il est à présent composé de cinq membres: John Dwyer ou le « le chanteur à la mâchoire d’acier » (voix, guitare), Brigid Dawson (voix, claviers), Petey Dammit (basse et guitare), Mike Shoun (percussions), et Lars Finberg (percussions, guitare). Décidés à ne suivre aucune des conventions qui incombent au milieu de l’industrie de la musique, les Thee Oh Sees enchaînent concerts sur concerts, EP sur albums, et se définissent eux-mêmes comme des acharnés du travail.

Thee Oh Sees Thee Oh Sees © photo: Kristin Klien

Plus sombre, plus grave que les précédents, leur nouvel album: « Floating Coffin » sorti en avril 2013 sous le label Castle Face Records, (co-fondé par nulle autre que le leader de Thee Oh Sees) s’inscrit dans « l’état d’esprit d’un monde en perpétuelle  proie à la guerre » (John Dwyer). Depuis leur poste de commandement basé à San Francisco, lesThee Oh Sees ont décidé de travailler en équipe; si à l’accoutumé John Dwyer arrive en studio avec les trames des chansons voire les chansons entièrement composées, cette fois il s’agit plutôt d’un intense brainstorming initié en décembre 2012. Un son plus agressif et brutal que celui de leur album « Putrifiers II » (2012), dans lequel on retiendra le puissant « Lupine Dominus » au clip provoquant et réaliste, dans lequel les harmonies de John Dwyer et Brigid Dawson se mêlent pour former une mélodie enfantine et désarmante, sans compter l’enchevêtrement déroutant de la guitare et du son de l’orgue.

The Oh Sees, Floating CoffinThe Oh Sees, Floating Coffin, Cover Album, 2013 ©

L’album se clôture par le titre « Minotaur », chanson à l’air de berceuse, un entêtement du motif lascif à la Pixies, un clip décalé et touchant au court duquel un Minotaure s’interroge sur sa routine; à mi-chemin entre l’épopée des Monty Python (« Holy Grail », 1975) et le court-métrage amateur, ce clip n’en reste pas moins très esthétique et reflète encore une fois leur fantaisie. Leur originalité se retranscrit tant dans leurs compositions foisonnantes d’énergie que dans l’imagerie véhiculée par leurs pochettes d’album, la kaléidoscopique fraise enragée de leur nouvel album Floating Coffin.

Un groupe qui commence à acquérir une petite notoriété en France à en juger par le public  (pointu) présent au concert du  26 mai au Trabendo dans le cadre du festival de la Villette Sonique. À l’attention de ceux qui auraient manqué cette prestation électrisante, les Thee Oh Sees (en compagnie de leur fils spirituel Ty Segall) seront de retour à Paris le 27 juillet 2013 pendant le City Sounds Festival.

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