Sydney Valette, est un jeune homme à lunettes et à mèche, un hipster longiligne qui n’a pas froid aux yeux et qui, pour faire danser ses contemporains, est prêt à s’habiller d’un drap blanc et à aller se contorsionner, micro en main, dans une cave dont les murs suintent.

Sydney Valette by Raffaele Cariou, 2012Sydney Valette by Raffaele Cariou, 2012

Aujourd’hui c’est lundi, le jour le plus à même de révéler toute la tristesse que contient le Dimanche de Valette. L’insoutenable état transitoire d’un jour qu’on voudrait éternel. My Bike, c’est toujours du Valette, mais c’est Sydney qui a vu Dimanche lui glisser entre les doigts pour se transformer en lundi. Joignez-vous donc à lui pour dire merde au lundi, enfilez vos tutus et c’est parti!

Sydney Valette, My Bike, 2012

Quand on regarde ses clips, on peut se demander s’il n’est pas taré tant nos repères se bousculent, parodiés jusqu’à l’extrême dans des scènes redondantes. Mais ce sont les mots de Sydney Valette qui parlent le mieux, ceux qui narrent sans chichis l’horrible banalité de notre petit quotidien. Et pourtant, malgré cette description sans concession, Sydney Valette nous fait marrer. C’est peut être la distance qu’il instaure, par l’incroyable prestance de son personnage, entre le monde qu’il décrit et sa façon de nous le restituer. Car si on écoute et qu’on regarde bien, Sydney Valette, il a beaucoup d’un enfant racontant le monde: la naïveté suffisante pour souligner l’incongruité de ce qui pour d’autres est de l’ordre de la vérité générale, le courage de ceux dont les idéaux n’ont pas encore été brûlés sur l’autel de la bienséance.

Et l’enfant Valette, celui qui chante sans détourner son regard de la caméra, nous offre les retombées de son attitude de tête brûlée: sa musique est contagieuse, les premiers symptômes sont souvent, vous le verrez, un léger mouvement du poignet rapidement suivi par d’incontrôlables claquements des doigts. Assurez-vous d’avoir une surface au sol de disponible: il y a de fortes chances pour que votre corps entier soit en train de danser dans la minute qui vient.

Sydney Valette, My Bike (Remixes), Cover EP, deBonton, 2012Sydney Valette, My Bike (Remixes), Cover EP, deBonton, 2012 ©

Outre My Bike, ce nouvel EP signé chez l’excellent label parisien DeBonton, regorge d’étranges joyeusetés qui feront la joie de vos oreilles internes: du caressant Pale Blue Green dont on voudrait s’entourer comme une couette pour lutter contre cette interminable fin d’hiver (tout en dressant de temps en temps un poing rageur vers le ciel, au cas où il s’ouvrirait enfin) aux diverses remixs qui transforment My Bike en un objet protéiforme, à chaque fois renouvelé. Quand Sydney rencontr Kelton Prima, We Are Enfant Terrible, SayCet et Sayem en un EP: variations poétiques de très bon ton.

« La série de remixes de l’EP pousse les sonorités de Sydney dans des directions inattendues. Kelton Prima emporte My Bike sur un terrain groovy et old-school qui plairait à Zapp & Roger. Les jeunes prodiges de We Are Enfant Terrible font des mots de Sydney une poésie sombre et écrasante pour en fin de compte les coller sur un instrumental techno implacable. SayCet désarme My Bike pour une calme prière dans une atmosphère graveleuse, mais exaltante. Et pour finir, Sayem use du contraste douceur/violence pour donner un aspect dramatique au morceau et subitement le transformer en un hymne martial. » deBonton

Le remix de My Bike par Gidge est en téléchargent gratuit ici.

Le EP My Bike (Remixes) est disponible sur itunes ici.