Il suffit de regarder la pochette du premier album de Foreign Fields, « Anywhere But Where I Am », pour se laisser embarquer: la nature et la sérénité dans toute leur splendeur sont là, à portée de main sur les bords lumineux d’une rivière printanière. Il suffit d’écouter quelques instants pour soudain les deviner, les grands espaces.

Foreign Fields est un duo composé de Eric Hillman et Brian Holl. Les musiciens ont quitté Chicago, où ils résidaient, pour aller enregistrer ce magnifique album de pop-folk, ce voyage, dans les terres intérieures du Wisconsin. Résidents dans des bureaux abandonnés, ils ont adopté une démarche qui s’apparente à un luxe inouï: ils ont laissé le temps au temps, sans plan prédéfini, ils ont laissé prendre vie l’album comme on regarde une moisson qui pousse dans le cycle des saisons.

Foreign Fields Foreign Fields ©

L’espace naturel, les lacs, les bruits de l’extérieur, la forêt, une solitude assumée et propice à la création, les vents de l’hiver rude du Wisconsin, tous ces éléments ont contribué à façonner cet album qui propose une divagation légère et aérienne aux oreilles. De la première piste « From the Lake to the Land », en passant par « Moutaintop » et « Where the Willow Tree Died », le parcours de Foreign Fields se dévoile peu à peu, lentement. Les notes et les clapotis de « So Many Foreign Homes » débutent et la musique génère déjà des images dans la tête, des travellings apaisants et soyeux, qui se marquent dans l’écorce.

Et quand les claviers de « The River Kings » emplissent l’atmosphère, l’esprit flotte et suit le lit d’un cours d’eau sauvage, dans une clarté de chaque instant, dans un espace-temps originel, jusqu’au final empli de gazouillis d’oiseaux, de véritables tweets en somme. Avec « Anywhere But Where I Am », Foreign Fields s’inscrit dans la veine de cette pop américaine pleine de vitalité créative, inspirée, libérée de toute contrainte du monde post-industriel. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de relier leur musique à celle de Bon Iver, eux aussi en lien avec l’état du Wisconsin, ou voire à celle de Midlake, un des joyaux du rock indie outre-Atlantique.
Et même si la fin de l’enregistrement de l’album s’est fait à Nashville (Tennessee) dans une ambiance forcément plus chaude, plus urbaine, l’ampleur contemplative de la première production de Foreign Fields est parfaitement conservée dans le – paradoxal – silence des domaines étrangers.

L’album « Anywhere But Where I Am » en écoute intégrale:

Foreign Fields - Anywhere But Where I Am, Cover Album Foreign Fields – Anywhere But Where I Am, Cover Album ©