Alors que Flying Lotus n’est autre que le petit neveu d’Alice et John Coltrane, on en viendrait presque à adopter certaines théories fumeuses de l’eugénisme! Parce qu’à chaque sortie, l’histoire se répète: Flylo nous emporte dans des sonorités uniques et démontre sa liberté d’artiste en faisant fi des conventions et autres obligations attachées à son statut de producteur éclectique.

Flying Lotus Flying Lotus © Warp Records

À l’aube de la sortie de son nouvel album « Until the Quiet Comes » (sortie officielle le 2 octobre 2012), pas facile de revenir sur les 6 ans de carrière de Steven Ellison (i.e Flying Lotus). Après un premier album « 1983 » signé chez Plug Research en 2006, il rejoint l’écurie de Warp dès 2007 et lance en même temps son propre label : Brainfeeder.

Flying Lotus, Until the quiet comes, cover, 2012 Flying Lotus, Until the quiet comes, cover, 2012 ©

Depuis, ses deux albums « Los Angeles » (2008) et « Cosmogramma » (2010) l’ont fait s’imposer comme un des producteurs les plus prometteurs de sa génération. Ses collaborations notamment avec Erykah Badu ou Thom York de Radiohead en témoignent.

Musique hypnotique, nappes électroniques mélodiques, voix suaves (celles de Niki Randa et Laura Darlington) agrémentées de touches free Jazz à moins qu’il ne s’agisse de réminiscences trip-hop ou électro… Vous l’aurez compris l’album « Until the Quiet Comes » est complexe mais non moins intéressant.

Flylo le décrit lui-même comme « un collage d’états mystiques, de rêves, de sommeil et de berceuse ». Élégie sonore donc, cet album réaffirme le décloisonnement des styles musicaux. Ici on ne peut plus vraiment attribuer de style ou d’étiquette à Flylo qui s’amuse à nous faire osciller entre deux états: l’éveil, la somnolence, et  plusieurs styles: hip-hop, freejazz, électro… Pourtant l’album dégage une énergie et une cohérence folle.

Alors qu’il nous emmenait dans un cosmos abstrait avec « Cosmogramma », il semblerait que cette fois-ci il parvienne à s’élever jusqu’aux astres en proposant 18 titres qui s’écoutent d’une traite. L’unité est sans doute liée aux transitions parfaitement maitrisées qui donnent la sensation de glisser d’un morceau à l’autre sans effort.  La diversité stylistique n’est pourtant pas absente de l’album, il suffit de confronter « Tiny Torture » avec, par exemple, « Putty Boy Strut » pour s’en convaincre.

C’est précisément la force de Flylo, il se balade entre plusieurs styles, plusieurs influences. Il n’a pas  besoin de choisir et c’est sûrement pour cette raison que le voyage sonore qu’il propose, rappelle des bandes-originales soignées et intemporelles (on pense notamment à Bernard Herrmann pour Taxi Driver). Cette dimension cinématographique fait de cet album un compagnon d’introspection, un fond sonore qui invite à la méditation, une caresse musicale en somme.

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