Groupe quasi inconnu en France mais déjà plébiscité dans le petit milieu musical parisien, les Blind Digital Citizen sont intéressants à bien des titres. D’abord, ces cinq jeunes hommes au look dégingandé semblent directement sortis d’une machine à remonter le temps qui aurait réussi à créer un être idéal doté de la voix et de la poésie d’Alain Bashung mais relevé d’accents post punk plus proches de Joy Division que de pop française…

Blind Digital Citizen© Blind Digital Citizen

Ensuite, si le maxi « Enfant flamme » est plus que plaisant à écouter, son adaptation en live est tout simplement jouissive. Oui, oui,  jouissive!  Car Louis Delorme, Jean Turner, Charles Templier, Florent Cornier et François Devulver ne sont pas de simples musiciens, ils sont tous multi-instrumentistes et n’en finissent pas d’inter-changer les rôles démontrant une symbiose plus que parfaite et peu commune.

Enfin, dernier argument et pas des moindres, les Blind Digital Citizen chantent en français! Et pour une fois, l’auditeur n’a pas instantanément l’impression de se vautrer dans les atmosphères sucrées des années 1980.

Non! Les Blind Digital Citizen offrent certes des nappes suaves marquées par des sonorités 80’s mais  ne tombent dans aucun cliché. Les cinq comparses semblent avoir digérer 50 ans de musique contemporaine, ils se délectent de jouer avec les codes pour proposer une expérience sonore transgenre qui emprunte ce qu’il y a de mieux à une ribambelle d’artistes que l’on aime: Kraftwerk, New Order, Alain Bashung  pour ne citer que les plus évidents.

Et comment on connait? Grâce à Rone dont nous vous parlions il y a plus d’un an! Oui, les Blind Digital Citizen ont eu l’immense privilège de jouer en première partie de Rone à L’Olympia (sold out)  le 31 octobre dernier et ils n’ont pas failli à leur mission! Leur énergie plus rock qu’électro a sûrement surpris le public de Rone mais finalement cette programmation était tout à fait cohérente. À y regarder de plus près, il n’y a rien d’étonnant à cette mise en avant. D’ailleurs quand on tend l’oreille, les paroles de Blind Digital Citizen ont quelque chose de très similaire avec celles d’Alain Damasio présentes sur le morceau « Bora » de Rone. La couleur des mots serait le bleu, il y a une certaine froideur, un sens du sarcasme aiguisé, une douce nostalgie poétique comme dans les textes d’Alain Damasio justement…

Signés par 3rd Side Records pour son label francophone Entreprise, ils se sont sûrement fait voler la vedette par La Femme, pourtant ils se démarquent bien plus! Leur force est probablement de ne pas s’inscrire dans l’air du temps tout en proposant des tracks qui pourraient déjà être des classiques. Leur parti-pris demeure exigeant et leur charisme scénique rassure. Ils sont actuellement en train d’enregistrer leur album et on a hâte de découvrir ça!

Blind Digital Citizen, Enfant flammeBlind Digital Citizen, Enfant flamme, Cover Ep, 2013 © Entreprise

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