Assister à un concert de Rich Aucoin, c’est entamer une plongée d’une heure dans un univers onirique aux aspérités electro-pop. Un trip à la fois sonore et visuel au cours duquel le canadien réussit à instiller ses sonorités peinturlurées de fluo dans les veines d’une audience extatique le temps que dure ce petit shoot. Cette perfusion de BPM s’accompagne en effet de mash-ups vidéos, affichés sur grand-écran, qui piochent allègrement dans cette vaste bibliothèque qu’est l’Internet. De sorte que la célèbre contemplation extatique du double arc-en-ciel (près de 36 millions de vues) côtoie les frasques non moins célèbres de Charlie Sheen ou d’obscurs dessins animés, le temps d’une chanson.

Lorsqu’on le voit, la casquette vissée sur la tête et le cœur en bandoulière, triturant les sonorités de son dernier manifeste, « We’re All Dying To Live », on se dit que ce type ne dépareillerait pas au milieu des « Kids » de Larry Clark. Et c’est précisément de cette confusion permanente entre la joie de vivre et le désespoir adolescent dont il est question dans cet album étonnant qui, à l’image de son titre, positionne le curseur quelque part entre l’absurde et le fantastique. Musicalement, le résultat est fascinant avec ces 22 titres qui sont autant de valves lyriques et émotionnelles dans lesquels s’invitent des références aussi diverses et variées que Flaming Lips, Arcade Fire, Daft Punk ou encore Brian Wilson. Lequel a même le droit à un titre, « Brian Wilson is Alive », où  l’histoire cramée du leader des Beach Boys  revisitée par le regard volontiers innocent de Rich Aucoin. Hommage d’un fan pas tout à fait comme les autres.

Rich Aucoi, We’re All Dying To Live, cover albumRich Aucoi, We’re All Dying To Live, cover album, 2012 ©

Ce qui frappe chez Rich Aucoin, c’est cette inclination au partage d’une bonne parole electro, si tant est qu’il en existe une, qui semble se résumer à des axiomes aussi simples que les punchlines qu’il incite son audience à chanter lors de ses lives : « Remember what we have been, give in » ou « This heart is all that keeps us up, this heart is beating ». Et c’est l’enthousiasme chevillé au corps que le Canadien invite tout le monde à participer à ces concerts d’un nouveau genre, sorte de rassemblements karaokés au cours desquels il multiplie les slams, s’incruste au beau milieu de la fosse pour danser avec la foule ou recouvre cette dernière d’un immense parachute arc-en-ciel. Un besoin de communier que l’on retrouve également dans un album qui a réuni une quantité incroyable de monde. Pas moins de 500 personnes ont ainsi participé à cette bacchanale musicale, chacun posant sa voix ou son instru, au gré des rencontres effectuées sur la route.

Et si sous ces airs de gourou halluciné se cachait en fait le trait d’union entre plusieurs mondes? Aussi sombre qu’elle est brillante, tour à tour dépressive et euphorisante, la musique bipolaire d’Aucoin est un trip qui se consomme sans modération. Et avec elle, pas de problèmes de descente…

Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage ©
Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage ©
Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage ©
Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage ©
Rich Aucoin at Royal Athletic Park Main StageRich Aucoin at Royal Athletic Park Main Stage ©

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