Che bella ragazza italiana e internazionale, Asia Argento, comme un double A artistique loin des agences de notation, a toujours mixé cinéma, musique et photographie. Elle invite à découvrir sa playlist conçue au fil de ses rencontres musicales, à travers l’album « Total Entropy », du nom d’une émission qu’elle a animé à New York, sur les ondes de la station East Village Radio, une mosaïque musicale transgenres mais pas transgénique.

Asia Argento, Total EntropyAsia Argento, Total Entropy, Cover Album, 2013 ©

Il ne faut pas négliger les visuels, et surtout pas ceux des pochettes de disques. Ils en disent parfois autant que la musique elle-même. « Total Entropy » ne déroge pas à cette règle: assise et sereine, Asia Argento laisse s’échapper lentement mais sûrement un filet de fumée de sa bouche. Après avoir pendant des années, au fil de ses rencontres musicales, absorbé sonorités et influences, elle recrache un album, au genre inclassable tellement il s’inscrit dans chaque interstice des musiques actuelles: rock, électro, pop, minimalisme, texte parlé et poésie spontanée viennent alimenter une déambulation de sons velours et électriques, une carte d’Asia, où elle chine sans cesse, intime et apaisée.

Le 1er morceau, « Ours », en collaboration avec Tim Burgess, du groupe The Charlatans, est d’emblée une ballade langoureuse, bien lêchée, mais pas paresseuse dont le clip révèle bien l’esprit de l’album: indépendant et personnel. Et cela se confirme dès l’entame du morceau « Ugly Ducklings », où la lenteur de l’accordéon et le rythme étrangement obsédant invite l’auditeur à une descente douce et mélancolique, lors de laquelle Asia Argento use du talking et des spoken words: faut-il y voir une correspondance avec « Noir de monde » d’Alain Bashung? En tous cas, les mêmes sensations se font ressentir, une alchimie fluide et posée, extrêmement bien maîtrisée!

Le travail artistique se poursuit avec deux chansons, « Life Ain’t Enough For You » et surtout « My Stomach is the Most Violent of All of Italy », où la brune ténébreuse se révèle plus rock, plus bluesy, en mode always on the road, où la guitare portugaise de Paulo Furtado (aka The Legendary Tigerman) accompagne la voix en anglais d’Asia Silver travaillée à la clope, qui dans un élan lance « Oh shit, I’m too drunk to fuck »: rock bien sûr mais surtout roll!

L’un des coeurs de l’album se trouve pourtant dans la partie électro-pop: « Cheeseandeggs », « Sexodrome », « Indifference » (inspiré de la littérature d’Alberto Moravia et de son premier roman « Les Indifférents ») et enfin « Liebestod » soit quatre titres composés par Morgan (Marco Castoldi), ex-époux mais expert autant en new wave qu’en expérimentations électroniques, des titres enregistrés au fil du temps entre 2005 et 2006 et qui rappellent qu’Asia Argento s’est depuis longtemps immiscée dans l’univers des clubs et qu’elle est DJ de temps à autre. Le très dansant et rythmé « Live Fast! Die Old! », composé par Munk, du label Gomma, confirme entre autres la qualité des recherches sonores à laquelle s’est livrée la chanteuse. Et pour ne pas tout dévoiler de « Total Entropy », sachez que sur le reste de l’abum, on retrouve des chansons faites avec Brian Molko de Placebo ou encore Anton Newcombe de The Brian Jonestown Massacre. Parce qu’au final, c’est ça « Total Entropy », un heureux bazar de miss « As – Ar », qui approchant la petite quarantaine, semble laisser court à la femme, l’artiste, plus libre que jamais: Asia est centrale sur la route du soi!