Philippe Pasqua

Sourde fureur.

« C’est bien dans le corps, dans la chair, que finalement s’écrit l’histoire des hommes, et peut-être même l’histoire de l art, » explique Jean Rustin à propos de sa peinture. L’artiste nous livre ici une piste peut être utile pour appréhender le travail de Philippe Pasqua, l’un des artistes français les plus cotés et les plus connus du moment. Chez lui, l’humanité est mise à nu, présentée dans son plus simple apparat : sa vérité, sans détours ni faux-fuyants. Dans son atelier, Le Storage, mi-labo mi-lieu d’expo, Philippe Pasqua peint, sculpte et dessine des hommes et des femmes du quotidien, de son quotidien. Il s’immisce dans leur chair, plis et replis d’une histoire propre à chacun de ces êtres, à chacun de ses modèles. Très grands formats (de 2 à 5 mètres) qui défient tout naturalisme, le monumental est étroitement lié à la vulnérabilité de ces visages et ces corps qui portent le sceau de l’exclusion, dans une société que la différence dérange. L’artiste se fait anatomiste de la grande âme humaine. Trisomiques, aveugles ou encore transsexuels, ont droit de cité sous les aplats de gestes amples, furieux et obstinés.

Le visage, un leitmotiv chez Philippe Pasqua. Pris de court, le spectateur se trouve face à ses têtes de géants, semblant jaillir de la toile pour venir s’écraser sur ce pauvre hère, qui hésite à détourner le regard de ces yeux frondeurs. Oui, point de présentation chez Philippe Pasqua. Plans rapprochés, cadrages serrés, la confrontation est brutale. L’artiste cherche un rapport direct à la peinture, à la matière. « Ce qui frappe dans la peinture de Philippe Pasqua, c’est une sorte de familiarité spontanée et directe avec ce que l’on pourrait appeler le langage de la chair, l’expressivité du corps », souligne le critique Pierre Restany. Seule la présence immédiate fait sens dans l’oeuvre de Philippe Pasqua. Manet ne disait-il pas que « la peinture n’est autre chose que la peinture, elle n’exprime qu’elle-même ».

Dans la lignée de Jenny Saville ou de Marlène Dumas et après Lucian Freud, maître de textures de tous ces artistes, Philippe Pasqua contribue avec panache au renouveau de l’art contemporain du portrait.

Philippe Pasqua, Sans titre, huile sur papier, 210x160 cm, Galerie RX Philippe Pasqua, Sans titre, huile sur papier, 210×160 cm, Galerie RX ©
Philippe Pasqua, Sans titre, huile sur papier, 210x160 cm, Galerie RX Philippe Pasqua, Sans titre, huile sur papier, 210×160 cm, Galerie RX ©
La Fille, 30x40 cm, Philippe Pasqua La Fille, 30×40 cm, Philippe Pasqua ©
Lila, huile sur toile, 330x250 cm, Philippe Pasqua Lila, huile sur toile, 330×250 cm, Philippe Pasqua © Galerie Laurent Strouk
Constante, huile sur toile, 200x160 cm, Philippe Pasqua Constante, huile sur toile, 200×160 cm, Philippe Pasqua ©
Eva, huile sur toile, 200x250 cm, Philippe Pasqua Eva, huile sur toile, 200×250 cm, Philippe Pasqua ©
Vanité aux papillons, sculpture, Philippe Pasqua Vanité aux papillons, sculpture, Philippe Pasqua ©
Vanité aux papillons, bronze patine grise, fondeur Bocquel, H: 22x48x48 cm, Philippe Pasqua Vanité aux papillons, bronze patine grise, fondeur Bocquel, H: 22x48x48 cm, Philippe Pasqua © Galerie Laurent Strouk
Vanité aux papillons, bronze patine noire, fondeur Bocquel, H: 22x48x48 cm, Philippe Pasqua  Vanité aux papillons, bronze patine noire, fondeur Bocquel, H: 22x48x48 cm, Philippe Pasqua © Galerie Laurent Strouk
Le Storage Le Storage ©

 

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