Patricia Piccinini

janvier 17th, 2012 3 Comments

Art, Monstres & Mutants.

Le terme «monstrueux» qualifie quelque chose qui effraie, qui fait sortir l’ordinaire de ses gonds, en s’écartant d’une norme établie. Le Petit Robert nous renseigne et définit le terme comme suit : «qui choque extrêmement la raison, la morale». Mais le monstre c’est également cet être choquant que l’on exhibe, que l’on montre.

De monstruosité et de monstration, il en est question dans l’oeuvre de la plasticienne australienne Patricia Piccinini, née à Freetown (Sierra Leone) en 1965. L’artiste mêle, au coeur de sa démarche, nature, science et biotechnologie. Dès les années 1990, elle s’interroge sur les notions de gène et de mutation. Son « LUMP® » – pour Lifeform with Unevolved Mutant Properties (en français «Forme de vie à propriétés mutantes non développées») traduit ces interrogations. Ses sculptures donnent à voir des êtres différents, humanoïdes relatifs, hésitant entre vie et mort, qui nous interrogent sur la frontière entre l’homme et l’animal. Soulignons que les oeuvres de Patricia Piccinini ont influencé le réalisateur canadien David Cronenberg, passé maître dans l’art de la science-fiction, du fantastique et de l’horreur.

Les sculptures hyperréalistes, faites de silicone, de matériaux plastiques ou organiques — poils d’humains ou d’animaux — rendent une forme de vie différente de celle proposée par Ron Mueck ou Duane Hanson. Des sculptures anthropomorphes perturbantes, souvent liées à la maternité ou à l’enfance et dont on ne sait si, face à leur regard, il faut se jeter dans un élan de tendresse ou une crise d’effroi.

Le travail de l’artiste, qui n’a de  cesse de questionner le vivant et sa représentation, fait partie de la collection de Thomas Olbricht dont un échantillon est actuellement visible dans les espaces d’expositions de la Maison Rouge. La série The Brown Sisters de Nicolas Nixon, que nous vous présentions il y a quelques semaines fait partie également de ladite exposition. Notons que la Maison Rouge, impulsée par le collectionneur privé Antoine de Galbert, a exposé par le passé des oeuvres de Berlinde de Bruyckere ou Adriana Varejao dont la dimension physiologique et monstrueuse se rapproche de celles de Patricia Piccinini.

Patricia Piccinini, The Comforter, 2010 Patricia Piccinini, The Comforter, 2010 ©
Patricia Piccinini,The Comforter (Détail), 2010 Patricia Piccinini,The Comforter (Détail), 2010 ©
Patricia Piccinini, The Observer, 2010 Patricia Piccinini, The Observer, 2010 ©
Patricia Piccinini, Balasana, 2009 Patricia Piccinini, Balasana, 2009 ©
Patricia Piccinini, The Long Awaited, 2008Patricia Piccinini, The Long Awaited, 2008 ©
Patricia Piccinini, The Long Awaited (détail), 2008Patricia Piccinini, The Long Awaited, 2008 ©
Patricia Piccinini, Doubting Thomas, 2008 Patricia Piccinini, Doubting Thomas, 2008 ©
Patricia Piccinini, Doubting Thomas, 2008 Patricia Piccinini, Doubting Thomas (détail), 2008 ©
Patricia Piccinini, Doubting Thomas, 2008 Patricia Piccinini, Doubting Thomas (détail), 2008 ©
Patricia Piccinini, Prone, 2011Patricia Piccinini, Prone, 2011 ©
Patricia Piccinini, Founding, 2008Patricia Piccinini, Founding, 2008 ©
Patricia Piccinini, Founding, 2008 Patricia Piccinini, Founding, 2008 ©
Patricia Piccinini, The Offering, 2009Patricia Piccinini, The Offering, 2009 ©
Patricia Piccinini, Litter, 2010Patricia Piccinini, Litter, 2010 ©
Patricia Piccinini, Newborn, 2010Patricia Piccinini, Newborn, 2010 ©
Patricia Piccinini, Newborn, 2010 Patricia Piccinini, Newborn (détail), 2010 ©
Patricia Piccinini, Still Life with Stem Cells, 2002Patricia Piccinini, Still Life with Stem Cells, 2002 ©
Patricia Piccinini, Still Life with Stem Cells, 2002Patricia Piccinini, Still Life with Stem Cells, 2002 ©
Patricia Piccinini, The Young Family, 2002-2003Patricia Piccinini, The Young Family, 2002-2003 ©
Patricia Piccinini, Big Mother, 2005Patricia Piccinini, Big Mother, 2005 ©
Patricia Piccinini, Undivided, 2005Patricia Piccinini, Undivided, 2005 ©
Patricia Piccinini, Undivided, 2005 Patricia Piccinini, Undivided (détail), silicone,  2005 ©

3 réponses à “Patricia Piccinini”

  1. Herrmaddoktor dit :

    Magistral! Organique, remuant et émouvant…

  2. koulou dit :

    Voilà un magnifique travail artistique qui nous interroge sérieusement sur notre définition personnelle de la norme et du monstrueux.

  3. Valérie Bédard dit :

    Bonjour!

    Ces photos sont remarquables… Et plus touchantes que grotesques! Bravo!

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