Nam June Paik

octobre 12th, 2011 No Comments

Le progrès: trop robot pour être vrai

Artiste coréen, émigré aux États-Unis en 1964, Nam June Paik (né à Séoul le 20 juillet 1932 et décédé à Miami le 29 janvier 2006) étudie d’abord la musique électronique. Il travaille à Radio-Cologne avec le compositeur allemand et pionnier de la musique électroacoustique Karlheinz Stockhausen et côtoie l’avant-garde de l’époque, dont des personnalités majeures comme le compositeur et plasticien John Cage, le danseur et chorégraphe Merce Cunningham, le compositeur La Monte Young et le couple de plasticiens Christo et Jeanne-Claude.

Pionnier de l’art vidéo, il introduit dès 1963 des instruments de musique et des moniteurs de télévision dans une installation. Nam June Paik joue à la fois sur la manipulation des images et des sonorités qui sont totalement défigurées.
Les instruments et les télévisions sont également modifiés, soit pour être le support d’assemblages, soit pour être dépecés comme des carcasses.
Les installations de Nam June Paik saisissent la perception du visiteur, à la fois par leur cacophonie visuelle et par les arrangements sonores qui en font des œuvres d’art total. La notion de temps est essentielle dans l’appréhension de ses œuvres, tout comme la dérision et l’humour.
Il réalise alors une série de sculptures faites d’empilements de postes de télévision de toutes les époques, qu’il nomme Robots. Ces assemblages, sur le mode anthropomorphique, sont comme des statues vivantes, avec leurs jambes, leurs bustes, leurs bras, animées par des images qui défilent en permanence.

Parmi la série des Robots, il faut citer son hommage à la Fée électricité du peintre Raoul Dufy, au musée d’Art moderne de la ville de Paris en 1989, où il assemble deux cents moniteurs, en référence au nombre d’années séparant 1789 de 1989, qu’il répartit sur le monument principal, ainsi que cinq robots représentant des figures de la révolution, comme L’Olympe de Gouges in La fée électronique.
Ces différents Robots exposés dans la Salle Dufy du musée représentaient des réincarnations de quelques penseurs et personnages influents du Siècle des lumières : Diderot, Robespierre, Rousseau ou Voltaire.

Nam June Paik, L’Olympe de Gouges in La fée électronique, 1989, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris ©
Nam June Paik, L’Olympe de Gouges in La fée électronique, 1989, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris ©
Nam June Paik, Aunt, 1986 ©
Nam June Paik, Coubertin, 1988, SOMA Museum of Art ©
Nam June Paik, Electronic Superhighway: Continental U.S., Alaska, Hawaii, 1995 ©
Nam June Paik, Hamlet Robot, 1996, Chrysler Museum of Art ©
Nam June Paik, Magnet TV, 1965 ©
Nam June Paik, Wrap Around the World Man, 1990 ©
Nam June Paik, Piano Integral, 1963 ©
Nam June Paik, Uncle, 1986 ©
Nam June Paik, Route 66′, 1993 ©
Nam June Paik, Pre-Bell-Man, Museum für Kommunikation, Frankfurt, 1990 ©
Nam June Paik, TV Cello, 1971 ©
Nam June Paik, Technology, 1991 ©
Nam June Paik, TV Buddha, 1974 ©

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