Malick Sidibé

L'oeil africain.

Cette année, pour sa quinzième édition, Paris Photo au Grand Palais met à l’honneur la photographie africaine et l’un de ses principaux ambassadeurs, le photographe malien Malick Sidibé. Depuis près de cinquante ans il parcourt et documente la vie sociale de Bamako.

Premier africain à recevoir en 2003, le prestigieux Prix International de la Photographie décerné par la Fondation Hasselblad, Malick Sidibé est aujourd’hui considéré comme le père de la photographie documentaire africaine.

En 1958, il crée son propre studio : le Studio Malick. Parallèlement, il poursuit de nombreux reportages sur la jeunesse du tout nouvel État malien, fruit de l’indépendance. Fêtes, soirées, surprises-parties où l’on exhibe ses vêtements et ses pas de danse; bars et clubs où l’on écoute les disques de pop, de rock, de soul, jusqu’aux sorties du dimanche sur les bords du fleuve Niger, Malick est partout, voit tout et photographie tout!

«Il y avait à cette époque deux types de danseurs : les zazous, aisés, souvent de familles de fonctionnaires, qui commandaient leurs costumes à Saint-Germain des- Prés, et les yéyés, moins riches, sans protocole, qui dansaient dans les bals populaires, on disait les « bals poussière ». J’ai eu le privilège de photographier des gens en mouvement, qui ne faisaient pas attention à moi. Je n’ai jamais dansé, mais ces jeunes respiraient la vie et me faisaient oublier mes soucis.» Malick Sidibé

Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick SidibéMalick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé

À travers des clichés en noir et blanc pleins de gaieté et de vie, il se fait le reporter et le portraitiste de la jeunesse bamakoise.

Le rituel photographique était toujours le même. Sitôt les reportages achevés – Malick Sidibé pouvait en faire deux ou trois par soirée – il se rendait à vélo à son laboratoire pour développer les films, réaliser des petits contacts qu’il collait ensuite sur des chemises en carton de type administratif, en prenant soin de mentionner un numéro pour chaque image, la date et le nom des organisateurs de la fête.

Le nombre et la qualité de ses reportages — plus de mille — font de ce travail un document exceptionnel sur le Mali des années 1950 à 1970.

Les Éditions Chez Higgins éditent, à l’occasion de Paris Photo, trois portfolios de photographies originales présentant les travaux de Malick Sidibé dont son travail inédit en couleur « Le village de Malick ».

Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé
Malick SidibéSans titre, vers 1970 © Malick Sidibé

Paris Photo
Du 10 au 13 novembre 2011

Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
12h – 20h (19h le dimanche)
Nocturne le vendredi soir jusqu’à 21h30

Commentaires

  1. Clément a écrit

    Très belles photographies de Malik Sidibé! Je me souviens d’une soirée passée chez le guitariste malien Boubacar Traoré ,en 2010, à Lafiabigou près de Bamako. Sur les murs il y avait une photographie du guitariste, un portrait de plein pied sur lequel il portait une tenue semblable à celles des cinq hommes alignés de 3/4 dos. Même pantalon patte-d’eph rapiécé, même chemise à la Wanda Jackson, une ambiance qui m’avait séduit. Sachez que l’on croise encore, dans les rues de Bamako, Lafiabigou, Kati, Tomininkoro des années 2010, ces silhouettes rockabilly si photogéniques.

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