Kid A

avril 8th, 2013 No Comments

Voix de velours sur des rythmes électro.

Un entretien Boum! Bang! 

Une voix cristalline qui oscille entre des tonalités hip hop et électro, le tout rehaussé d’une touche soul, Kid A, artiste récemment signée sur le label Ninja Tune, a déjà à son actif quelques collaborations qui feraient pâlir d’envie plus d’un artiste européen.

Son histoire commence sur Internet, lorsqu’en 2010 un des programmateurs d’Arty Farty découvrent par hasard son grain de voix sur Myspace. Il lui présente les Spitzer avec lesquels elle signe un featuring. Agoria l’invite alors à chanter sur son album. Le résultat de cette collaboration? « Heart Beating », le track d’ouverture de l’album d’Agoria, une petite perle…

En promo à Paris, ses producteurs lui présentent le pianiste et compositeur Bachar Mar-Khalifé avec lequel elle fait une reprise, en français s’il vous plait, de «Machins Choses» de Serge Gainsbourg. Là encore, Kid A démontre un professionnalisme bluffant et une ouverture d’esprit pas si commune chez ses compatriotes!

Alors qu’elle faisait partie de la programmation du festival « Les Femmes s’en mêlent » organisée la semaine dernière à La Machine du Moulin Rouge, Kid A a également participé au concert de Barchar Mar Khalifé organisé, le même soir, au Café de la Danse… Un morceau et une course en taxi plus tard, elle enchainait sur la Machine. Mais finalement qu’est ce qui fait que le son de Kid A est unique? Si son set laisse clairement apparaître une vraie passion pour les sonorités 80’s, Kid A affirme sa différence en parvenant à poser sa voix sur de l’électro.

Mais la force de Kid A réside aussi dans le fait qu’elle propose un univers complet, chaque détail de son album est pensé depuis belle lurette et rien n’est laissé au hasard. Avec un vrai goût pour l’art contemporain, le design et une passion constante pour la Corée et le Japon, Kid A n’est pas seulement une chanteuse compositrice, elle propose finalement une rêverie musicale qui parvient à nous faire voyager entre toutes ses influences.

Kid A Kid A ©

Pour la découvrir? Rendez-vous au Festival Les Nuits Sonores, elle en fait l’ouverture cette année. Et pour mieux la connaître, voici un petit entretien Boum! Bang!

B!B!: Quel est ton premier souvenir musical?

Kid A: Mon premier souvenir musical, je le dois à mon grand-père. Je me rappelle de la première fois qu’il m’a fait écouter un album de jazz. C’était sur une vieille cassette de Motown et on écoutait ça alors qu’on partait en vacances en voiture avec ma mère sur les routes de l’Etat de Virginie.

B!B!: Quels sont les artistes qui t’ont le plus influencée?

Kid A: Pas facile de penser à tous les artistes qui m’ont influencée mais dans le désordre je dirais: The Ronettes, Gil-Scott Heron, Ella Fitzgerald, Akiko Yano, Nujabes, Christine McVie, J Dilla, Burt Bacharach, DJ Rashad, Sade, Yellow Magic Orchestra…

B!B!: Idéalement avec qui aimerais-tu collaborer? 

Kid A: Dans mes rêve les plus fous, je collabore à la fois avec Prince, Cornelius, Air, Geoff Barrow, Yasiin Bey (FKA Mos Def) ou Shirley Bassey.

B!B!: Vous avez fait une réinterprétation du morceau « Machins Choses » de Serge Gainsbourg, Pourquoi avoir choisi cette chanson et quelle relation entretenez-vous avec les artsites français en tant qu’américaine?

Kid A: J’ai découvert cette chanson de Serge Gainsbourg alors que j’étais en train d’écouter l’album « Gainsbourg Percussions ». J’ai vraiment aimé la présence des percussions des caraïbes, des touches bebop et aussi les dialogues dynamiques présents sur ce disque. Même si je ne comprends pas les paroles, j’ai aimé la couleur, le rythme. Ça me parlait, ça me donnait envie de bouger. « Machins choses » a un côté sombre mais reste une chanson très sentimentale. Il y a une certaine tristesse qui s’en échappe si on lit entre lignes. J’étais très attirée par le saxo, les touches de piano et le coté très jazzy de la batterie aussi. En tant qu’américaine mais surtout en tant qu’amoureuse de la musique, je pense qu’il est primordial d’approfondir plusieurs genres musicaux pour trouver sa propre inspiration. J’adore découvrir ou redécouvrir de bonnes choses en musique, même s’il s’agit de classiques. Je ne pense pas que je parviendrais à composer sans ce background musical, sans être, en permanence, exposée aux artistes les plus innovateurs d’hier et d’aujourd’hui bien sûr.

B!B!: Que penses-tu de l’interaction des arts, de la musique et du cinéma?

Kid A: Je pense que les trois disciplines sont étroitement liées mais pour qu’elles puissent se mettre correctement en valeur les unes avec les autres, il est nécessaire que leur juxtaposition soit bien pensée. Il faut faire coexister les disciplines sans que leur interaction soit nocive et ça, ça n’est pas toujours facile.

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